Ce que le corps sait avant le miroir

Quand le mouvement révèle ce que l’image ne montre pas — et que la stabilité devient le premier pas vers la confiance.

Le moment où je teste

Il y a toujours un moment précis.
Pas celui où je me regarde.
Celui où je bouge.

Je lève un bras.
Je tourne légèrement le buste.
Je fais un pas vers le miroir.

C’est là que tout se décide.

Si ça tire,
je me referme.

Si ça glisse vers l’arrière,
je me tiens.

Si je dois surveiller la matière,
je me contracte.

Alors je crois que je ne suis pas à l’aise avec l’attention.
Mais peut-être que je ne suis pas à l’aise avec l’insécurité.

La confusion

Je me suis longtemps dit :
“Je n’aime pas être remarquée.”

En réalité,
je n’aime pas me sentir vulnérable sans soutien.

Ce n’est pas pareil.

Quand le vêtement accompagne le mouvement,
quand il tient à l’épaule sans peser,
quand il suit le pas sans résister —

je ne pense plus à mon ventre.
Ni à mes bras.
Ni à l’espace que j’occupe.

Je pense à la conversation.
À la lumière.
Au moment.

La bascule

Peut-être que la vraie confiance commence
quand on oublie qu’on porte un vêtement.